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31 décembre 2006Tabac: ''J'arrête'' fonctionne mieux que ''J'arrêterai''Selon une recherche, parue dans le British Medical Journal, les fumeurs qui décident d'arrêter de fumer sur le champ réussissent plus souvent que ceux qui le font en planifiant à l'avance. Plus de 1800 fumeurs et anciens fumeurs ont été questionnés sur leur dernière tentative d'arrêter de fumer. Plus de la moitié rapportaient avoir pris une décision instantanée sans avoir planifié à l'avance. Ce comportement se produisait davantage chez les 55 ans et plus, période où les accidents de santé sont plus fréquents, y compris dans l'entourage. Ces tentatives non planifiées avaient 2.6 fois plus de chances d'être réussies (au moins six 6 mois d'arrêt) que celles planifiées à l'avance. Selon les chercheurs, ces résultats ne condamnent pas la planification qui peut être utile pour préparer de l'aide (thérapie de remplacement de la nicotine, support, informations, etc.), elle met plutôt en évidence l'importance de l'état d'esprit. Les chercheurs font l'hypothèse que le fumeur est déjà sensibilisé. Éventuellement un déclencheur, même petit, l'amène à se décider à faire une sérieuse tentative, prêt ou pas. Les chercheurs recommandent de tenir compte de cette observation sur la décision non programmée dans le cadre des campagnes antitabac. Source : British Medical Journal Online First, 27 janvier 2006, Online edition. Libellés : Anti-drogues, Antitabac, Arreter, British-Medical-Journal, Fumeurs, Nicotine, Tabac 12 octobre 2006Fumer des cigarettes inciterait à boire davantage d'alcoolL'AFP indique que selon une étude américaine, « fumer des cigarettes diminue les effets de l'alcool et incite donc à boire davantage pour conserver les mêmes sensations ». Rapportant qu'une expérience menée sur des rats a montré que le tabac réduisait la concentration d'alcool dans le sang, l'agence indique que selon le Pr Cheng, directeur de l'étude, « comme la nicotine diminue significativement l'effet recherché de l'alcool - en particulier chez les gros buveurs tels que les étudiants - cela pourrait encourager à boire plus pour parvenir à l'effet plaisant ou attendu ». L'agence note que selon L'institut national de la santé américain, le mélange alcool - tabac comporte des risques spécifiques en favorisant la synthèse de substances toxiques et en diminuant à long terme l'efficacité des médicaments sur l'organisme. Conclusion sur les propos d'une responsable de l'Institut « ces résultats devraient servir d'avertissement au grand public concernant les dangers de la consommation de plusieurs drogues, dans la mesure où les interactions entre ces substances sont souvent imprévisibles et dangereuses » ". Libellés : Alcool, Alcoolique, Anti-drogues, Antitabac, Boire, Cigarettes, Effets, Experience, Fumeurs, Tests 07 mai 2006Drogues : comment on devient accroAlcool, amphétamines, cocaïne... La dépendance est un phénomène beaucoup moins simple que ce que l'on pensait jusqu'à présent. Une équipe du Collège de France vient de défricher une nouvelle piste. Mais les traitements qui en découleront sont encore lointains Bien que l'usage de substances psychotropes remonte à l'aube de l'humanité et soit répandu dans toutes les cultures, ce phénomène universel reste mal compris. D'où vient le pouvoir des drogues ? Pourquoi le plaisir qu'elles procurent tourne-t-il au cauchemar de la dépendance, au moins pour certains consommateurs ? Que se passe-t-il dans le cerveau du sujet alcoolique ou héroïnomane pour qu'il en arrive à ressentir l'absorption de la substance addictive comme une nécessité plus urgente que celle de se nourrir ? Depuis des décennies, les neurobiologistes pensaient que la réponse se trouvait dans le « circuit de la récompense », dont le rôle est de procurer une sensation agréable associée aux fonctions vitales, par exemple la satisfaction qui suit un bon repas ou le plaisir sexuel. Du point de vue biochimique, ce circuit repose sur un neuromédiateur omniprésent dans le cerveau, la dopamine. Selon la théorie admise, le pouvoir des drogues vient de ce qu'elles libèrent de la dopamine et activent le circuit de la récompense. Chez l'individu dépendant, la consommation du produit addictif devient pour ainsi dire équivalente à une fonction vitale. Cette théorie simple et élégante avait convaincu la majorité des scientifiques, mais elle avait un point faible : elle n'expliquait pas pourquoi certains individus deviennent plus facilement dépendants que d'autres. De plus, au cours des années, on a accumulé des observations qui montrent que la consommation de drogues n'est pas nécessairement associée à la libération de dopamine. Les effets des psycho-stimulants comme les amphétamines ou la cocaïne cadraient bien avec la théorie, mais ceux des opiacés beaucoup moins et ceux du cannabis encore moins. Ces contradictions ont conduit Jean-Pol Tassin et son équipe, du laboratoire de neurobiologie pharmacologique du Collège de France (unité 114 de l'Inserm), à s'intéresser à une autre piste. Leurs travaux, dont les derniers résultats paraissent le 9 mai dans la revue de l'Académie nationale des Sciences des Etats-Unis (« PNAS », vol. 103, n°19, pp 7476-7481), aboutissent à une nouvelle théorie de la dépendance, dans laquelle la vedette n'est plus la dopamine, mais deux autres neuromédiateurs fondamentaux, la noradrénaline et la sérotonine. Le circuit de la noradrénaline gère les informations nouvelles qui nous viennent de l'environnement. La sérotonine, elle, entretient le traitement des informations internes et protège le système nerveux central du « bombardement » des événements extérieurs. Les deux circuits sont complémentaires : notre cerveau a besoin d'être informé des changements externes tout en maintenant une continuité interne. Pour que le fonctionnement de l'ensemble soit harmonieux, une coordination est nécessaire entre neurones à noradrénaline et neurones à sérotonine, ce que Jean-Pol Tassin illustre par une métaphore sportive : « La noradrénaline est un sprinter, et la sérotonine, un coureur de fond. Le sprinter court très vite pendant de brèves périodes, entre lesquelles il circule lentement; le coureur de fond, lui, va le plus souvent à une allure régulière. Les deux coureurs sont reliés par un fil. En général, c'est le coureur de fond, la sérotonine, qui va plus vite que le sprinter et le tire un peu. Lorsqu'il se passe quelque chose d'inhabituel, le sprinter se met à foncer et le coureur de fond le ralentit. » Il y a donc un lien constant - et nécessaire ! - entre les activités de la noradrénaline et de la sérotonine. Selon l'hypothèse de Jean-Pol Tassin et de ses collègues, l'effet des drogues addictives équivaut à couper le fil qui relie les deux coureurs, de sorte qu'ils partent chacun à son rythme sans plus tenir compte de l'autre. Il n'y a plus de coordination entre le circuit de la noradrénaline et celui de la sérotonine, ce qui introduit un dysfonctionnement permanent. « Prenez l'exemple d'un homme qui doit se rendre en voiture à un rendez-vous important, poursuit Jean-Pol Tassin. Il se retrouve coincé dans un embouteillage, réalise qu'il va être en retard; à ce moment précis, un scooter le double et casse son rétro. Le rôle de la sérotonine a été jusqu'alors de calmer sa frustration et de maintenir l'objectif - aller au rendez-vous sans se laisser perturber par les informations irritantes transmises par le circuit de la noradrénaline. Lorsque le scooter arrive, la sérotonine est épuisée et notre automobiliste oublie son objectif, sort de sa voiture et s'en prend violemment au conducteur du scooter. Lorsque les deux systèmes sont découplés, tout nouvel événement prend une importance disproportionnée.» Le sujet dépendant vit dans ce déséquilibre : il n'est plus capable de ramener les événements nouveaux à leur juste mesure, la moindre frustration devient insupportable, il ne peut plus différer la satisfaction du désir. Il est en proie à l'impulsivité, à la violence typique de l'alcoolique, au « craving ». Et le moyen le plus immédiat dont il dispose pour arrêter ce cauchemar est de reprendre la substance addictive, qui peut recréer une cohésion provisoire entre les deux « coureurs » ; mais cette cohésion ne dure pas, puisque le lien permanent est rompu, et il faut sans cesse reconsommer, d'où le cycle de la dépendance. La base biologique de cette théorie est aujourd'hui démontrée expérimentalement sur des souris de laboratoire pour plusieurs drogues : les psychostimulants (amphétamine, cocaïne), les opiacés (morphine, héroïne) et l'alcool - dont l'effet de « découplage » est très fort. Le cas du tabac est plus complexe : la nicotine seule ne semble pas produire d'effet, mais associée à d'autres composants de la fumée de tabac, elle pourrait produire un effet analogue à ceux des drogues. Les découvertes des chercheurs du Collège de France permettront-elles d'aider les sujets dépendants ? Elles ouvrent en tout cas de nouvelles pistes. On comprend mieux pourquoi certaines personnes sont plus sujettes à l'addiction que d'autres : la solidité du lien entre les deux « coureurs », sérotonine et noradrénaline, est sans doute influencée par l'histoire individuelle - en accord avec l'observation selon laquelle les sujets qui ont subi des stress dans la petite enfance deviennent plus facilement dépendants. D'autre part, les effets sur les animaux de laboratoire sont réversibles, même s'ils peuvent durer très longtemps (plusieurs mois pour des souris, ce qui pourrait signifier des années pour les humains). On devrait donc, à terme, pouvoir soigner l'addiction même si, pour l'instant, on est loin d'un traitement effectif : « Aujourd'hui, le meilleur remède connu, c'est le temps et l'élimination du stress avec, par exemple, une psychothérapie, dit Jean-Pol Tassin. En revanche, les médicaments classiques n'agissent pas.» Pour découvrir de nouveaux traitements, il faudra comprendre plus précisément le mécanisme biologique par lequel les substances addictives dissocient le couple noradrénaline-sérotonine. Pour les neurobiologistes, la tâche risque de ressembler davantage à une course de fond qu'à un sprint. Libellés : Accro, Alcool, Alcoolique, Anti-drogues, Antitabac, Arreter, Dependance, Experience, Psychotropes 07 avril 20063 joints = 1 paquet de cigarettesFumer trois joints équivaut à fumer un paquet de cigarettes. La fumée de cannabis contient "sept fois plus de goudrons et monoxyde de carbone que celle du tabac", selon un test du magazine "60 millions de consommateurs" qui calcule que "3 joints = 1 paquet de cigarettes". Le mensuel de l'Institut national de la consommation s'est servi d'une machine à fumer pour faire ce test dont le but était de comparer les teneurs en nicotine, goudrons, monoxyde de carbone, benzène et toluène dans les fumées principales de joints de cannabis et de tabac. L'INC précise avoir "collaboré avec la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) qui a procuré la matière première" et qu'il "a dû obtenir toutes les autorisations pour transporter et détenir les substances nécessaires". 280 joints confectionnés Ce test a été fait à partir d'herbe de cannabis et de résine. Pour ce faire, l'INC "au total, a confectionné 280 joints". Résultats : "la fumée de cannabis contient sept fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone que celle du tabac", note 60 millions dans son édition d'avril. Le joint de résine et tabac fait inhaler deux fois plus de benzène et trois fois plus de toluène. Même avec un joint d'herbe pure, les quantités de goudrons et de CO dépassent celle d'une cigarette, d'après les mesures. "Le cannabis est de loin la drogue illicite la plus consommée en France", souligne le magazine. Le mensuel a pris la "Marlboro rouge, la cigarette la plus fumée" comme point de comparaison. La machine à fumer est le même que celle qui sert pour le tabac afin d'établir les teneurs en nicotine et goudrons qui sont inscrites sur le paquet. 31% des 15/64 ans ont déjà consommé du cannabis "Fumer trois joints tous les jours - ce qui devient fréquent- fait courir les mêmes risques de cancers ou de maladies cardio-vasculaires que fumer un paquet de cigarettes", assène le mensuel. Outre les mesures selon la norme internationale "Iso" prévue pour le tabac, des analyses ont été faites, avec filtre de carton, "selon des paramètres plus proches des conditions réelles" de consommation. "Les teneurs sont plus élevées que celles du fumage selon la norme Iso : deux fois plus environ pour la nicotine et les goudrons, trois fois plus pour le CO", relève le mensuel. En 2005, le nombre de fumeurs de tabac et de buveurs d'alcool a diminué tandis que le nombre d'adeptes du cannabis a augmenté : 31 % des personnes âgées de 15 à 64 ans déclarent en avoir consommé au cours de leur vie. Ils n'étaient que 25 % en 2000. Libellés : Alcool, Anti-drogues, Antitabac, Cannabis, Cigarettes, Goudrons, Joint, Tabac, Toxicomanie 31 mars 2006Les ravages du tabagisme passifCoïncidence ? Au moment où le gouvernement français évoque le projet d'une interdiction absolue de fumer dans les lieux publics, un rapport publié à Bruxelles par Smoke Free Partnership indique que le tabagisme passif fait quelque 79 000 morts par an dans les 25 pays de l'Union européenne. Quelque 72 000 personnes sont victimes de ce tabagisme passif à leur domicile et 7 000 sur leur lieu de travail. Le bilan chez les personnes travaillant dans les bars, restaurants et discothèques atteint 325 morts par an, soit près d'une personne par jour. Explication : la fumée produite entre deux bouffées lorsque la cigarette se consume entre les doigts du fumeur est plus toxique que celle inhalée et exhalée par le fumeur car la combustion se fait à plus basse température et relâche alors les composés les plus nocifs. Libellés : Anti-drogues, Antitabac, Cigarettes, Ravages, Tabac, Tabagisme, Toxique 07 février 2006Mieux vaut courir...Faire simplement trente minutes de «marche rapide» trois fois par semaine, sans même courir, a, au bout de quatre mois, un effet exactement identique à celui d'un antidépresseur... Des chercheurs de l'université de Duke, aux Etats-Unis, ont récemment comparé le traitement de la dépression par le jogging à l'effet obtenu par le Zoloft, un antidépresseur. Après quatre mois de traitement, les patients soignés par l'une et l'autre méthode se portaient exactement aussi bien. Le médicament n'offrait aucun avantage par rapport au jogging. Au bout d'un an, en revanche, on notait une différence importante : plus d'un tiers des patients sous Zoloft étaient retombés en dépression, tandis que 92 % des joggeurs se sentaient parfaitement bien ! Une autre étude a montré qu'il n'était pas nécessaire d'être jeune -- et en bonne santé pour profiter de l'exercice physique. Pour des patients déprimés, âgés de 50 à 80 ans, faire simplement trente minutes de «marche rapide», sans courir donc, et ce trois fois par semaine, a, au bout de quatre mois, un effet exactement identique à celui d'un antidépresseur... Est-il alors justifié de prescrire des antidépresseurs ? Cliquez ici pour obtenir quelques réponses ! Libellés : Anti-drogues, Antidepresseurs, Antitabac, Depression, Jogging, Zoloft |